Conseil présidentiel de la science : rajouter du chaos à l’inquiétude

Le président de la République a décidé de mettre en place un Conseil présidentiel de la science. Pourtant, n’est-ce pas, selon la constitution, le gouvernement qui détermine la politique de la nation ? N’y-a-t-il pas une ministre dont les attributions sont de préparer et de mettre en œuvre « la politique du Gouvernement relative au développement de l’enseignement supérieur », mais aussi de proposer, en liaison avec les autres ministres intéressés, et mettre en œuvre « la politique du gouvernement dans le domaine de la recherche et de la technologie » ? La ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) n’a-t-elle pas à portée de main divers organismes pour mener à bien ses missions, tels le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES), des agences de financement de la recherche, l’Agence nationale de la recherche (ANR), la Banque publique d’Investissement France(Bpi France), mais aussi des structures de consultation (Conseil stratégique de la recherche, Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche -CNESER-, Conseil national de la culture scientifique, technique et industrielle, etc.) ?

Le Syndicat National Indépendant de la Recherche et de l’enseignement Supérieur (SNIRS) affilié à la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC) déplore, une fois encore, une situation où le président Macron, non seulement accentue la verticalité, qui a montré ses limites depuis 2017 (crise des gilets jaunes, crises des retraites, etc.), mais persiste à faire le choix d’un management du pays par le stress : stress de ses collaborateurs dont les prérogatives leur sont, de fait, retirées ; stress des institutions de recherche, des universités et des personnels qui se voient sommés de répondre, d’ici 18 mois, à une avalanche de mots d’ordre qui viennent ajouter du chaos à de l’inquiétude (« vrais contrats pluriannuels », « gouvernance réformée », « autonomie renforcée des universités », « vrais contrats d’objectifs », « financements plus incitatifs », etc.). La dérégulation, la bureaucratisation et le sous-financement dont souffrent l’université et la recherche depuis une quinzaine d’années, non seulement ne diminueront pas mais seront au contraire renforcés par les perspectives tracées dans ce discours.

Le SNIRS CFE-CGC dénonce les orientations du chef de l’État qui ne résoudront aucun des problèmes de notre pays dans les domaines de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Le SNIRS CFE-CGC considère que l’ESR a avant tout besoin de financements pérennes et massifs pour répondre aux nouveaux enjeux en formation et innovation que requièrent le gouvernement de la Nation, pour faire face aux défis de l’avenir.

Le SNIRS CFE-CGC s’opposera résolument à tout projet contraire aux intérêts de l’ESR, des chercheurs, des enseignants-chercheurs, des personnels administratifs, techniques et des étudiants. Et, comme le chef de l’État semble indiquer que les modifications du statut viendront des agents eux-mêmes, pour nous, la réponse est claire : pas de remise en cause du statut ! Le SNIRS CFE-CGC appelle par ailleurs toutes les organisations syndicales à se rencontrer le plus rapidement possible pour réagir de manière unitaire.